Nous avons, tous, je pense, entendu tout et n’importe quoi sur cette Covid-19.

Et oui, nous avons, tous, compris que ni les chercheurs, ni les plus grands médecins, ni les plus grands infectiologues savent totalement ce qu’il en est de ce virus. D’ailleurs, lors de son audition devant la commission de l’Assemblée Nationale, le grand Professeur Raoult, lui-même, est resté, enfin, prudent : « Je ne sais pas », « On ne sait pas », « Personne ne peut prédire, savoir. Le contraire serait être fou. »

 Nous savons tous à présent, je pense,  que même les grandes revues médicales telle que le » Lancet », peuvent se contredire d’un article à l’autre. Excusez-moi, mais ceci est le propre de la médecine, du le système médical et du monde estudiantin. Aujourd’hui on ose enfin en parler car la situation est grave. C’est tout.

Alors que sait-on avec certitude sur ce coronavirus ?

 Nous savons que le coronavirus a un panel inouï de symptômes.Je ne ferai pas la liste car elle est trop exhaustive. Vous devez consulter au moindre soupçon.

En ce qui concerne les personnes diabétiques, nous savons pertinemment qu’elles ont plus de risques de développer des complications non négligeables voire graves si elles sont infectées par la Covid -19.

En effet, les détresses respiratoires ne se retrouvent pas seulement chez les sujets d’âge supérieur à 70 ans mais aussi chez les sujets dont le diabète est déjà mal équilibré, ayant ou non  d’autres pathologies comme l’hypertension artérielle.  La concomitance de ces facteurs aggravants entraine pour beaucoup une hospitalisation dans les services de réanimation et est parfois cause de décès.

Le Dr. Jean-François Thébaut, Vice-Président de la Fédération Française des Diabétiques, se veut certes rassurant :

« Les diabétiques n’ont pas plus de risque d’être atteints du Covid-19 »   discours politique ou pas, il insiste tout de même sur le fait qu’« En revanche, en cas de contamination, ils peuvent développer des formes plus graves, explique-t-il. Cela a été constaté en Chine. Les facteurs de gravité qui ressortaient, étaient : l’hypertension, le diabète ainsi que les pathologies cardiovasculaires. A priori, les diabétiques de type 2 seraient plus à risque car ce sont souvent des patients plus âgés »

Pour ma part, je me permets de rajouter qu’ il ne faut pas oublier que cela est valable pour toutes les maladies . Un diabète mal équilibré est TOUJOURS une source de complications grave en cas d’infection bactérienne ou virale. Les surinfections sont extrêmement difficiles à contrôler et on est en droit de se poser de réelles questions lorsqu’on est diabétique.  On ne sait pas grand chose au fond sur ce virus. Il n’est pas question de vous faire peur, mais d’être réaliste et honnête avec vous.  Mon rôle  est de vous faire prendre conscience des risques, et que vous agissiez  en conséquence pour votre santé.

Qu’a-t-on pu observer de nouveau récemment ?

Comme dit le Professeur Raoult, nous entrons dans la deuxième phase de la Covid-19. Non pas une deuxième vague, car seul l’avenir nous le dira, mais la deuxième partie de la maladie, celle de la découvertes des séquelles à court terme. Les séquelles à long terme restant dans le domaine de l’inconnu. En somme, ce virus fait encore partie du domaine de l’inconnus…

Selon les données actuelles, nous savons que la Covid-19 provoque des atteintes au niveau du cœur, des reins, des poumons, du cerveau.

Malgré les doutes semés sur ce journal, le Lancet demeure notre référence à nous médecins. Une nouvelle publication basée sur la simple observation, donc non contestable, rapporte un lien possible entre la Covid-19 et l’apparition du diabète.

L’observation provient de confrères italiens qui ont beaucoup travaillé sur la Covid-19. Ils relatent l’appartion de diabéte sévères chez des patients sans antécédent et infectés du coronavirus.

Paul Zimmet, co-auteur et professeur à l’Université Monash, explique que le virus pourrait endommager le pancréas, ce qui provoquerait le diabète chez un patient qui n’est pas capable de produire suffisamment d’insuline. « Ils ont découvert que ces personnes avaient en fait besoin de doses massives d’insuline, ce qui suggère que le corps devient résistant« , d’après lui.   

Alors que faire ?

 Malgré le déconfinement et le total relâchement de la population, vous ne devez pas vous sentir à l’abri de toute contagion. Les règles apprises pendant le confinement restent valables et pour ma part elles le resteront à vie! Les gestes barrières sont indispensables. La gestion parfaite de votre diabète l’est encore plus.

Pourquoi ???

Encore une fois parce que les chercheurs, infectiologues, épidémiologistes, médecins, tous confondus, ne savent pas ce qu’est cette maladie !

Je vous le répète, Le grand Professeur Raoult, lui-même, lors de son audition à l’assemblée, reste prudent : « Je ne sais pas ». « On ne sait pas ». « Personne ne peut prédire, savoir. Le contraire serait être fou ». Il utilise les mots comme, « à priori ».

Si je traduis, nous sommes encore dans le flou artistique. Il faut rester prudent. Vivre mais avec prudence. On doit rester prudent face à l’inconnu et c’est une règle de base.

Si votre diabète est contrôlé, les complications seront plus facilement gérables par le personnel soignant en cas de contamination.

Il faudra du temps encore pour le maitriser, l’appréhender et le comprendre. Et ce n’est pas moi qui le dit, mais le Professeur Raoult, lui-même.

Quels sont les bons gestes ?

  • Contrôler sa glycémie régulièrement.
  • Rester attentif à son alimentation. Pas de relâche !
  • Respecter les gestes barrières.
  • Maintenir une activité sportive autant que possible.
  • En cas de doute, consultez votre médecin ou contactez-moi.

Revivre et vivre pleinement peut rimer avec prudence et discipline. Vous êtes porteur, comme moi, d’une maladie chronique. De toutes les façons nous n’avons pas beaucoup d’alternative devant nous. Autant prendre les choses du bon côté,  respecter les règles et s’en faire une nouvelle façon de vivre. C’est comme l’apprentissage de la conduite. On va à l’auto-école, on apprend à passer les vitesses. On cale… beaucoup. Puis on intègre la technique et on y pense plus.

Je suis là pour vous aider. N’hésitez pas à me solliciter. Une question, un doute, parlons-en ensemble. diabetcontrol.com est là pour vous soutenir et vous aider.

Dr Audrey Levy