La deuxième vague est là et c’est indéniable. Qui pourrait se permettre de dire le contraire ? En tout cas pas moi, même si je ne suis ni virologue, ni réanimatrice, ni une experte en la gestion de ce virus.

Je voudrais faire avec vous un point de la situation.

On parle des symptômes dont la liste est exhaustive..

On parle du mode de transmission, des gestes barrières,  des distances sociales à respecter, du port du masque, du lavage fréquent de nos mains.

Attardons-nous sur les règles de sécurité

Le virus est transmis par voie orale et respiratoire au travers de gouttelettes. C’est un virus qui circule dans l’air.

Les bons gestes sont :

  • Vous mettez votre masque.

Vous le gardez et vous ne le touchez pas.

Combien de personnes ont été atteintes après avoir touché leur masque ? Ce virus n’a pas été transmis seulement par des gens qui se sont embrassés. Une main porteuse du virus qui touche dans un second temps le masque. Ou un masque sali par le virus, la main qui le touche puis les yeux.

Il est impératif d’avoir comme automatisme, comme tout soignant : je mets mon masque et je ne le touche plus. Vous l’enlevez par les élastiques et vous désinfectez vos mains.

Touchez tout ce que vous voulez mais jamais votre visage avec des mains « sales ».

  • La distance sociale.

Oui, la proximité fait partie des moyens de propagation du virus. Je doute sincèrement que parler à quelqu’un puisse contaminer aussi facilement que l’on veut nous faire croire. Ce sont les postillons, les sons, les mimiques et les onomatopées  qui sont responsables.  La prudence veut que nous gardions nos distances lorsque nous nous parlons.

  • Ne pas se toucher les uns les autres.

Que c’est dur !!! Surtout dans nos sociétés où le côté tactile est si important. Comment ne pas offenser quelqu’un lorsqu’on le salue sans lui tendre la main, ou lui faire une bise ? Pourtant nous devons nous contrôler. Nous devons nous obliger à nous aimer et nous saluer de loin.

  • Eduquer vos enfants dès leur plus jeune âge.

Ma fille avait 3 ans quand ce virus a débarqué dans notre pays. J’ai pris les choses en main. Pendant le confinement nous avons joué à mettre le masque. Une fois dehors elle était prête. Aujourd’hui, elle sort avec le masque et demande le gel dès qu’elle touche quelque chose. Le souci reste l’école mais je demeure assez stricte possible de ce côté là… Le risque zéro n’existe pas. Alors je fais ce que je peux.

Je suis, en théorie, la seule à embrasser mes enfants pour limiter les contacts. Ni les grands-parents, ni la famille, ni les amis en ont le droit. Je reconnais, malgré tout, avoir d’énormes difficultés à faire passer le message. Mes filles ont compris, elles connaissent et comprennent le coronavirus. Elles ne se laissent embrasser par personne d’autre que moi.

Ces règles de sécurité sont valables pour tous et bien évidemment pour les personnes à risque comme les diabétiques.

Que pouvons-nous dire aujourd’hui sur le diabète et le covid-19

Il y a 8 mois, on ne savait rien ou presque. Par peur, on a plongé les diabétiques dans une croyance dramatique, celle que le diabète, type 1 et type 2, augmenterait le risque de contracter la covid-19. Quelle hérésie ! Il n’y a pas plus de risque de contracter ce virus.

En revanche, lorsqu’on a une maladie chronique, les complications graves se développent plus facilement.  C’est aussi une certitude.

En ce qui concerne le diabète, pneumonie et détresse respiratoire aiguë sont les complications majeures rencontrées. L’hospitalisation en réanimation est souvent nécessaire et se solde en règle générale par une intubation. La conclusion malheureuse de ce périple médical dans beaucoup de cas est le décès.

Pourquoi le risque de développer une forme sévère est-il majoré quand on est diabétique ?

La réponse est simple et reste valable quel que soit le type d’infection.

L’élévation permanente de la glycémie altére le système immunitaire. Elle peut vous rendre vulnérable face aux maladies infectieuses. Elle rend difficile la gestion des thérapies et fait précipiter un état instable.

D’un autre coté, ce sont les infections elles-mêmes qui peuvent également être à l’origine d’un déséquilibre de la glycémie. Elles peuvent engendrer et aggraver certaines complications du diabète surtout celles déjà présentes.

Vous comprendrez ainsi pourquoi la population diabétique a une sensibilité plus prononcée aux infections que la population générale, et pourquoi le diabète en lui-même est un facteur de risque de complications.

Il existe néanmoins un doute sur l’existence d’un sur-risque si le diabète est à la base mal équilibré. Pour le Professeur Charles Thivolet, endocrinologue et président de la Société Francophone du Diabète (SFD) : « même si certaines incertitudes demeurent sur ce point, il est logique de penser qu’une amélioration de l’équilibre et du poids, réduit le risque de développer une forme grave en cas d’infection COVID ».

Ceci m’étonne beaucoup car nous savons qu’un déséquilibre des glycémies augmente les risques de surinfections, complique les cicatrisations, rallonge les prises en charge des maladies comme les infections pulmonaires, diarrhée etc.

Ainsi, malgré l’absence encore de données probantes, je vous demande de redoubler de prudence.

Le diabète de Type 1 et le diabète de type2 ont-ils les mêmes facteurs de risque face à la covid-19 ?

La réponse est non.

Une étude française a répertorié près de 3000 patients diabétiques hospitalisés pour une forme grave de la Covid-19 entre le 10 mars et le 10 avril 2020.

Les résultats montrent :

  • Age moyen 70 ans
  • Majoritairement des hommes (65%).
  • Très majoritairement atteints de diabète de type 2 (89% versus 3% de type 1 et 3% de diabète découverts à cette occasion).
  • Du surpoids et de l’obésité (indice de masse corporelle supérieur à 30) ;
  • Des complications préexistantes liées au diabète (micro ou macro-vasculaires), responsables de problèmes rénaux ou cardiaques par exemple ;
  • Des pathologies associées (hypertension, problèmes pulmonaires ou hépatiques…).

La grande majorité des patients hospitalisés pour la Covid-19 avaient donc un diabète de type 2. Le diabète de type 1 était peu fréquent et associé à un meilleur pronostic chez les sujets les plus jeunes (avant 55 ans).

Qu’en est-il des jeunes ?

En ce qui concerne les enfants et les adolescents qui sont presque exclusivement de type 1, les données sont rassurantes. Ils ne souffrent pas en général, de complications et ne présentent pas de formes sévères.

Heureusement, aucun décès n’est à déplorer en France chez les moins de 15 ans.

En revanche, ce n’est pas le cas pour les patients d’âge supérieur à 50 ans…

Qu’en est-il des femmes enceintes ?

La grossesse et le diabète, y compris le diabète gestationnel, ne font pas bon ménage. Il y a augmentation du risque de développer des complications dues à la Covid-19. Les changements physiologiques qui se produisent durant la grossesse expliquent cette augmentation des risques pour les femmes enceintes.

Même si aucun virus n’a été détecté dans le placenta ou dans le lait maternel, le risque zéro n’existe pas. Et il faut rester prudents.

La prudence, le respect des gestes barrières, le contrôle stricte de vos glycémies sont les règles de sécurité que vous devez appliquer sans pouvoir relâcher vos efforts.

Ce virus est là. Théories complotistes ou pas, naturel ou fabriqué par l’Homme, compétence ou incompétence de l’état, il est là. Personne ne peut présager de sa virulence et de sa létalité, s’il vous atteint.

Il faut être conscient que les hôpitaux commencent à être saturés. « Les places en réanimation sont données à ceux qui ont une chance de s’en sortir vivant » dixit Mr Martin Hirsh, directeur général de l’AP-HP, dans une interview  en date du 09 novembre 2020.

Je suis là pour répondre à vos questions. Je vous accompagne pendant cette période de confinement encore plus que d’habitude.

Posez-moi vos questions via mon mail  contact@diabetcontrol.com

Ce site a été créé pour vous aider à gérer votre diabète en toute situation.

Bon courage à tous et soyez prudents.

Dr Audrey Levy